mercredi 2 juillet 2008
avant-première : WALL•E

Les génies artistiques qui ont insufflé la vie à des jouets, qui nous ont fait parcourir l’océan avec Nemo, saliver avec un rat cuistot, donnent cette année une âme à un robot dans WALL-E. Et une fois de plus, c’est une très grande réussite. Ce petit amas de métal réussit à toucher le spectateur en plein cœur. Rien de surprenant en soi, venant de la part de ceux qui se sont fait connaître en mettant en scène une lampe de bureau ! Et pourtant, rien n’était gagné d’avance : le pitch dresse un le tableau d’un futur pessimiste dans lequel la Terre, devenue une décharge inhabitable, a été abandonné par l’humanité. Les hommes, partis se réfugier dans un gigantesque vaisseau spatial, ont laissé le soin à une flotte de petits robots de faire le ménage. Mais voilà, ce qui aurait du duré cinq ans en théorie s’éternise sur maintenant sept cents ans, et les robots se sont un à un épuisé à la tâche… tous sauf un, WALL-E, qui au fil des saisons, s’est forgé une personnalité mais surtout une grande soif d’amour. Son quotidien, hilarant tant il reflète nos propres souvenirs d’humain, va se retrouver tout chamboulé quand la charmante EVE débarque avec fracas dans sa vie. 
WALL-E est un film remarquable dans le sens qu’il relève avec brio bon nombre de défis. Le premier d’entre eux est tout d’abord de rendre attachant un petit cube de ferraille surmontée d’une paire de jumelles. Et pourtant, les animateurs de Pixar sont arrivé à rendre le héros à boulons mignon au possible. Il n’y a qu’à faire le test, passez un clip de WALL-E à n’importe quelle fille de votre entourage, et vous aurez droit à « Ouh il est trop chou ! », alors que les geeks seront plutôt du genre à dire « J’en veux un ! ». Bref, WALL-E séduit un large public, prêt à le suivre aux quatre coins de l’univers. Et cela tombe bien, puisque visuellement, le studio se surpasse encore une fois. On pensait avoir tout vu avec la Route 66 de Cars ou le Paris romantique de Ratatouille, et bien force est de constater que les paysages présentés dans WALL-E sont encore plus beaux : des visions sombres et apocalyptique d’une Terre abandonnée aux sublimes passages dans l’espace. Le plan où notre petit robot accroché à un vaisseau spatial, touche du bout de ses pinces les anneaux de Saturne en restera une illustration marquante. L’autre défi du film est le parti pris d’en faire un long-métrage quasiment muet. Alors que Dreamworks s’offrent des stars trop payées pour trop parler dans leurs films (Shrek et compagnie…), Pixar ose construire un film autours d’un héros qui ne peut s’exprimer que par des bruits robotiques. Ce qui fait de ce dernier le digne héritier de Buster Keaton ou de Charlie Chaplin. L’animation joue ici un rôle encore plus important et nous offre des moments irrésistibles de drôlerie qui passent essentiellement par le talent des artistes animateurs. Si ses moyens de se faire entendre sont limités, WALL-E s’est tout de même offert les services du légendaire Ben Burtt (qui a crée les sons de beaucoup des créatures de Star Wars dont R2), qui a composé une palette de bruits et sons en tout genre qui donnent au petit robot sa personnalité si attachante.
Plus qu’un film d’animation, WALL-E est aussi un excellent film de science-fiction, genre auquel il rend un vibrant hommage à travers des clins d’œil savoureux à des films comme le 2001 de Kubrick. WALL-E c’est aussi une histoire d’amour bouleversante de simplicité. L’obstination du petit robot à vouloir partager son amour avec l’élue de son cœur de métal est touchante de naïveté (sa méthode de drague est calquée sur son film préférée : Hello Dolly !) et trouve tout son sens dans une fin émouvante. WALL-E c’est aussi une satyre à tendance écolo efficace et osée, des piques sont lancées et le gouvernement Bush, l’irresponsabilité des grosses firmes et l’obésité entre autres en prennent pour leur grade. Des messages forts qui passent aisément sans pour autant faire du film un donneur de leçon, qu’on se le dise, WALL-E n’est pas un Al Gore animé. WALL-E, c’est un festival d’émotions sur fond de décors galactiques et épiques dans lequel les robots apprennent l’humanité aux hommes, et qui trouve sans peine sa place, dans le panthéon des plus beaux chefs-d’œuvre du studio à la lampe de bureau. Un chef-d'oeuvre je vous dis! Dans les salles le 30 juillet




































