lundi 22 septembre 2008
musicals: The Little Mermaid

Après le fiasco de Tarzan sur les planches de Broadway, Disney a su réagir avec une Mary Poppins enivrante mais retrouve les profondeurs avec cette adaptation décevante de La Petite Sirène. L’histoire de cette sirène qui rêve du monde des humains est aujourd’hui connue de tous et cette musical n’y apporte rien de nouveau. La trame de la pièce se contente du strict minimum et reprend celle du film sans en approfondir les personnages ni l’intrigue (contrairement au Roi Lion par exemple, qui étendait l'nivers du film). Mais la première chose qui frappe lorsque le rideau se lève, c’est le design plus que discutable dans lequel s’est lancé la créatrice du spectacle, Francesca Zambello. Les décors sont d’un goût discutable, les couleurs flashy et saupoudrées de paillettes m’ont fait pensé à des jouets Polly Pockets. Les costumes sont presque ridicules, rivalisant sans problèmes avec la garde-robe de Barbie poufiasse. La décision de monter les sirènes sur patins pour simuler leur mouvements sous l’eau est aussi 
Mais tout n’est pas mauvais dans cette production, à commencer par le casting qui est remarquable. La jeune première, Sierra Boggess, en plus d’être magnifique possède une voix d’exception. Sa prestation sur « Part of Your World » rivalise avec celle de Jodi Benson du film. Dommage que la mise en scène peu inspirée ne la porte plus haut. Elle a tout du personnage : touchante, belle, craquante et drôle. On citera aussi Sean Palmer, convaincant et charismatique en Prince Eric, et Titus Burgess, qui fait un extravagant Sébastien. Le meilleur du show restera tout de même la présence de Sherie Rene Scott (Aïda) qui incarne une Ursula plus diva que celle du film. Son talent n’est plus à prouver et elle le démontre avec une aisance déconcertante. Côté musique, les réorchestrations des chansons que l’on connaît par cœur sont réussies. Par contre, les nouvelles écrites par Glenn Slater sont ratées (sauf exceptions: She's in love, I Want the Good Times Back) et quasiment hors-ton (le pire restant les deux chansons du goéland, insupportables !). Bref, le bilan est mitigé pour la dernière production Disney qui n’arrive pas à rivaliser avec les chef-d’œuvres comme The Lion King ou Mary Poppins. Le spectacle demeure bien trop enfantin pour tenir les adultes en haleine et la sirène finit par prendre l’eau. Dommage car le potentiel était énorme. 
jeudi 11 septembre 2008
Musicals: RENT

Rent & moi, c’est une longue histoire. Ma première approche de l’œuvre de Jonathan Larson fut le film de Chris Colombus sorti en 2005. Dans le noir de la salle de cinéma de l’UGC Orient Express et aux côtés de Lilly, je découvrais les chansons, les personnages et leur histoires, celles de jeunes newyorkais frappés de plein fouet par la misère, la vie bohème et le SIDA. La force des paroles et des musiques transcendaient le film et je suis devenu totalement fan de Rent . Pendant des années, je me nourris des CDs, des vidéos Youtube et des multiples visions du DVD et de ses bonus en nourrissant l’espoir d’aller voir de mes propres yeux l’œuvre originale sur les planches de Broadway. Jusqu’au jour où j’apprends l’affreuse nouvelle, Rent s’arrête fin septembre. Tragédie, je ne pouvais pas ne pas voir ce musical avant la fin, je ne peux pas laisser passer ça. Quand Guigui, fraîchement fan, me propose de l’ accompagner, c’était l’occasion rêvée. 
De gauche à droite: Moi & Adam Kantor (Mark), Justin Johnson (Angel), Tracie Thoms (Joanne) et Renée Elise Goldsberry (Mimi).
Et c’est ainsi que le mercredi 3 septembre, nous voilà devant le Nederlander Theatre, sur la 41st Street pas loin de Times Square. L’émotion est palpable et plus encore, lorsque nous allons retirer nos billets au box office. En passant, le théâtre organise tous les jours une loterie qui permet aux gagnants de bénéficier des places des deux premiers rang à 20 dollars. Une initiative sympa et dans l’esprit de Jonathan Larson, que nous aurons tenté par trois fois, sans succès. Revenons donc à notre représentation, juste avant le show, je dépense 60 dollars en produits dérivés et l’entrée des artistes se situant à côté du stand, voilà qu'on voit arriver Tracie Thoms, qui tient le rôle de Joanne (dans le musical et aussi dans le film de 2005, ainsi que dans le Death Proof de Tarentino). Une photo souvenir s’impose ! On croisera aussi Justin Johnson (Angel), Renée Elise Goldsberry (Mimi), Rodney Hicks (Benny) et Adam Kantor (Mark) après le spectacle. 
Pour ce qui est du musical en lui-même, après tant d’attente j’avais un petit peur d’être déçu. Et bien pas du tout, il a même dépassé mes attentes. Que ce soit au niveau du cast qui était tout bonnement excellent, ou de l’émotion (j’ai la larme qui est venue facilement et de façon assez traître), c’était juste phénoménal. Je ne vous raconte pas le melting pot de sensations qui m’est arrivé à la tête quand j’ai vu la troupe s’aligner sur le devant de la scène, éclairée par les projecteurs au-dessus, entonner Seasons of Love au début du deuxième acte. Les personnages sont tous bien développés, avec leurs histoires et leurs enjeux, et sont interprétés de manière toujours très juste. Adam Kantor fait un Mark aussi sensible qu’Anthony Rapp, Tracie Thoms est divine et a une voix extraordinaire, Eden Espinosa était le sosie d’Idina Menzel en Maureen (c’est à dire très bonne), Will Chase en Roger est magistral (son One Song Glory est juste fort et poignant !), Justin Johnson en Angel est touchant etc… etc… Les numéros qu’ils nous réservent sont emplis d’énergie et de vie, à l’image d’Out Tonight où Mimi danse et chante en jouant avec les barres de son escalier, ou encore Today 4 U d’Angel en drags qui manie les percussions comme un prodige, et que dire de La Vie Bohème qui enflamme la dernière partie du premier acte avec ses paroles délirantes et ses chorégraphies exubérantes. L’émotion n’est pas en reste et la chanson Life Support où les malades se réunissent pour se confier m’a bouleversé intérieurement, sans parler de I’ll Cover You (Reprise), poignante. La force et la puissance des performances vocales comble aisément l’absence de grandes chorégraphies d’ensemble que l’on attend souvent d’une production de Broadway, mais ce serait ici totalement hors ton. Je ne parle même pas de la mise en scène subtile qui utilise la scène et le décor de manière ingénieuse. Jouant sur les éclairages et les ombres, la scène est exploitée dans ses moindres recoins et nous emmène dans des lieux et des endroits différents en un clin d’oeil. 
La boucle est bouclée, j’ai enfin vu RENT sur scène, et le spectacle s’est arrêté le 7 septembre dernier. Les milliers de mots et messages laissés sur la façade du théâtre témoignent de la force émotionnelle de Rent. Pour ma part, je continuerai de nourrir ma passion pour cette œuvre, hymne à la vie et à l’amour, au travers des vidéos (la dernière représentation a été filmée et sera projetée dans les salles américaines par Sony, un DVD devrait suivre pour les fêtes) et de mes souvenirs. No Day But Today…
lundi 4 août 2008
musicals : Mamma Mia!

Avant la sortie du film avec Meryl Streep en septembre, la troupe du musical Mamma Mia! a eu la bonne idée de passer par Paris début juillet. Ce qui m’a donné l’occasion d’apprécier le spectacle avant d’en voir l’adaptation cinématographique. Le concept est connu, le musical base son histoire sur les tubes cultes et moins connus du groupe Abba. Sur fond d’île ensoleillée en Grèce, une jeune et future mariée décide d’inviter les trois hommes qui sont susceptibles d’être son père à la cérémonie, au grand dam de sa mère, contrainte d’effectuer un bond de 20 ans dans le passé. Pour ma part, Abba je ne suis pas un grand fan, je fredonne et danse au son des plus grands succès populaires, mais pas plus. J’étais donc assez perplexe face à un spectacle dont le concept repose sur le groupe Suédois. Mais force est de constater que la formule est efficace. La nature infectieuse et l’énergie des chansons sont prenantes et se répercutent sur la mise en scène enjouée. Les reprises de « Money Money Money », « Dancing Queen » ou encore « Gimme Gimme Gimme » (superbes chorés) sont bien trouvées et s’intègrent bien dans la trame de l’histoire. 
La première partie enchaînent d’ailleurs les tubes, ce qui rend la deuxième partie un petit peu moins entraînante. Restera une interprétation de « The Winner Takes it All » magistrale qui m’a cloué au siège. Le casting était de grande qualité, l’alchimie entre les membres de la troupe était palpable, et leur bonne humeur était communicative. Elle trouve son apogée dans les rappels, où la troupe revêt les habits phares du groupe pour reprendre devant un public conquis et debout, les chansons, avec en bonus « Waterloo » qui n’avait pas trouvé sa place dans le spectacle. Non exempt de défauts, un rythme inégal et des moments bien longuets par exemple, Mamma Mia offre un spectacle étincelant, plein d'humour et de qualité qui met la pêche. Et franchement, on leur demande quoi de plus après tout ? En ces périodes mornes, ce musical est un bon remède contre la déprime. Mammia Mia! se joue actuellement à Londres au Prince Of Wales Theatre. 
mardi 20 mai 2008
musicals: FAME - au théâtre Comédia
Adapté du film et de la série éponymes, FAME est le dernier musical à fouler les planches parisiennes dans la langue de Molière.
La trame archi-connue suit une dizaine de jeunes élèves ayant été admis à la prestigieuse école d’arts dramatiques de New York, et pendant quatre années, nous allons suivre leurs aventures au sein de l’établissement. Amour, coups de cœur et de gueule, drogue, sexe et rock’n roll, le programme est alléchant. Quand à ceux qui oseront me dire que ça rappelle Un, Dos Tres, je leur rétorquerais que la série espagnole a vingt ans de retard par rapport à Fame.
Revenons sur les planches du théâtre Comédia pour voir ce que vaut la version française qui s’y produit depuis le 28 mars. Pour tout vous dire, c’est très inégal. La troupe est pleine d’énergie, mais elle est mal canalisée par une mise en scène brouillonne, un livret peu inspiré et des chorégraphies amateurs (les danses de groupe sont vraiment pas au point, pourtant c’était la force du matériel original). Parmi le casting, on a du très bon et du beaucoup moins convaincant. En même temps, les personnages sont nourris de clichés qu’il est difficile de tirer son épingle du jeu. Des meilleurs, on retient Dan Menasche (vu dans Cabaret) qui interprète habilement le rôle de Joe Vegas avec l’humour et le détachement qu’il requiert. Léovanie Raud qui joue Serena, est aussi pleine de ressources. On est moins convaincu par Julie Victor qui devrait se lâcher un peu plus dans le rôle titre de Carmen.
L’adaptation française des chansons par Stéphane Laporte peine à convaincre, fort heureusement le refrain de la chanson phare du spectacle a été conservé dans sa version originale. La musique est jouée en live par un orchestre, c’est toujours ça de pris. Pas aussi flamboyant que les souvenirs du film ou de la série, ce portage français aurait pu « faire mieux » pour en mettre plein les yeux et les oreilles.

jeudi 27 mars 2008
musicals : The Phantom of the Opera

Dans le monde des comédies musicales, The Phantom of the Opera fait figure de classique parmi les classiques. A Londres, il entre dans sa vingt-deuxième année de représentation sur la scène du Her Majesty’s Theatre. Comparé aux mises en scènes plus modernes des musicals comme Wicked ou Hairspray que j’ai adoré, je redoutais d’être un peu déstabilisé face au Fantôme. Et bien à mon grand bonheur, je suis sorti conquis de la salle où le spectacle mythique continue d’en mettre plein les yeux. Déjà quand vous vous installez avant le premier acte, la scène est découverte et y gît les décors de l’Opéra mis aux enchères au début du spectacle, dont le fameux Chandelier qui prendra son envol un peu plus tard. Et dès l’Ouverture, la musique d' Andrew Lloyd Webber envahit la salle en grande pompe. Les notes cultes de ce thème magistral nous plongent directement dans l’ambiance de cette histoire d’amour et de vengeance. On ne tarde pas à assister à une débauche de décors et de costumes à faire pâlir les meilleures costumières. C’est vraiment magnifique, ils ont même un éléphant sur scène !

Et je ne parle même pas de la fin du premier acte marqué par la chute impressionnante du lustre situé au dessus de nos têtes. Parmi une flopée de scènes mémorables on retient sans hésiter « Masquerade » qui ouvre la deuxième partie. Une parade de costumes et de masques hauts en couleurs rythmée par une chanson exaltante. Le classicisme de l’œuvre se ressent à travers des moments un peu longuets. Certaines chansons paraissent interminables, comme celle qui se situe sur le toit de l’Opéra. Katie Knight Adams, l’interprète de Christine, l’héroïne et ange de la musique que convoite le Fantôme, est phénoménale. En plus d’être physiquement angélique, elle possède une voix lyrique enivrante. Le spectre n’est pas en reste en étant incarné par Ramin Karimbo qui parvient à retranscrire les émotions brutes de ce héros meurtri. Ce Phantom of the Opera se compare sans complexes aux dernières grosses productions de Broadway, malgré les deux décades à son actif. Un spectacle mythique qui mérite assurément le coup d’œil. 
lundi 10 mars 2008
musicals: HAIRSPRAY

Cela faisait des années que je voulais voir Hairspray sur scène. Entre temps il y a eu le film que j’ai adoré, mais désormais je peux dire que l’expérience en live sur scène, est en tout point supérieure. Prenez l’énergie, la bonne humeur et les chansons du film et multipliez le tout par 10 au moins et vous aurez l’idée de ce que l’on peut ressentir lors d’une représentation du musical à Londres. Tout va plus loin dans le show, plus marqué par la patte John Waters que le récent film : les coiffures exubérantes sont ici plus poussées et délirantes, les connotations sexuelles sont plus pertinentes et s’expriment à travers les dialogues, les paroles mais aussi les chorégraphies plus chaudes.

Le casting anglais frise la perfection. Mené par Michael Ball, une superstar chez les British, qui endosse le rôle d’Edna Turnblad magistralement en maniant l’autodérision et l’humour à merveille. J’étais tout simplement étouffé par mes rires pendant « You’re Timeless to Me ». La Tracy anglaise est plus que convaincante et porte son rôle avec fraîcheur et grand talent. On sera un peu moins enthousiaste face au jeune premier, Ben Jones Ellis qui joue Link, qui n’arrive pas à se défaire de son accent anglais prononcé, surtout durant les chansons. Tracie Benett dans la peau de Velma Von Tussle est plus trash que Michelle Pfeiffer et c’est tout simplement hilarant. Elle est plus dans le registre des vieilles méchantes Disney à la voix cassée, comme si Cruella se coiffait d’une permanente blonde. L’effet est saisissant !

Seaweed, joué par Adrian Hansel est phénoménal. Il déploie une énergie sans faille pour son rôle, son interprétation de « Run and Tell That » est incroyable. De même pour Motormouth Maybelle qui jongle entre puissance (« Big Blonde and Beautiful ») et émotions (« I Know Where I’ve Been » qui prend vraiment aux tripes). Son interprète, Johnnie Fiori, avait d’ailleurs prêté sa voix à l’une des Muses du film Hercule de Disney. Il ne faut pas oublier celle qui joue la mère de Penny qui joue aussi d'autres rôles dans la pièce (une prof d'EPS portée sur ses élèves et la matrone perverse de la prison) qui est irrésistible.
Côté mise en scène, c’est époustouflant. Il y a du budget et ça se voit. Mais en plus, il y a un côté génial dans la manière où les décors changent, le tout dans une fluidité déconcertante. Les idées ingénieuses fusent, à l’instar du lit de Tracy au début de « Good Morning Baltimore » qui devient en un clin d’œil la façade de sa maison., ou alors les affiches qui prennent vie dans « Welcome to the 60’s ». L’orchestre, qui prend visiblement son pied (le chef d’orchestre est démentiel), ajoute à l’énergie des chansons et les interprétations en live donnent une dimension magique à l’ensemble. Pour les fans du film, il y a pas mal de différences à noter : par exemple la scène où Michelle Pfeiffer drague Wilbur dans la boutique de farces et attrapes n’existe pas sur scène (Thomas va être déçu), par contre sur les planches, il y a tout une partie qui se passe en prison qui a été zappée sur le grand écran. L’ordre de certaines chansons n’est pas non plus la même. Mais si il fallait choisir, sans hésitation aucune, je préfère la version sur scène.

Hairspray est un concentré de tout ce que j’aime dans les musicals de Broadway ou du West End : des véritables performances de la part du casting, des décors impressionnants, des musiques et chansons prenantes, un casting motivé qui a de l’énergie à revendre… Tout est réuni pour passer un moment inoubliable. Moi en tout cas, j’en garde des souvenirs parmi les meilleurs qui m’ont été donné de connaître au théâtre. Impossible de ne pas taper du pied ou de fredonner pendant les numéros, et c’est contagieux. La salle était conquise, avec une longue standing ovation à la fin. Bref, c’est IN-CON-TOUR-NABLE ! ! !
mardi 15 janvier 2008
musicals : RENT Remixed - West End

J’ai découvert RENT grâce au film sorti l’année dernière. L’œuvre de Jonathan Larson transcendait la réalisation pas extraordinaire de Chris Colombus. Les chansons, les personnages et leur destin me hantaient, je dévorais toutes les vidéos disponibles sur YouTube, j’étais officiellement devenu un Renthead. Mon rêve suprême (qui a été réalisé par Lilly, slut !) c’est d’aller à Broadway et de voir la pièce originale. Faute d’aller à New York, j’ai profité d’un séjour à Londres pour aller voir RENT REMIXED, non sans appréhension. Cette production veut remettre Rent au goût du jour, or, je trouve l’original bien ancré dans son époque même si les thèmes sont toujours d’actualité. Soit, une fois pénétré le théâtre, je découvre la scène, aussi simpliste que l’original mais tout en blanc. Première surprise. Le spectacle commence par un medley de " Seasons of Love " et " Will I ? " et là, premier mauvais point, la musique n’est pas jouée en direct. Ca fait tâche dans le West End où la majorité des pièces bénéficient d’un orchestre dans la fosse. Pour le reste du spectacle, et bien oui, ça change de l’original et il y a du bien, mais aussi du mauvais voire du très mauvais. Commençons par la musique, les chansons de RENT, je les connais par cœur, elles tournent en boucle par période sur mon Ipod ou dans ma chaîne. Les arrangements de cette version Remixed sont bien surprenantes. Si le Tango Maureen est vraiment magistral, qu’Out Tonight version cabaret jazzy surprend en bien (mais perd en énergie), que What You Own en acoustique guitare est carrément mieux que l’original, on assiste médusé à quelques massacres. Ainsi Today 4 U devient un tube tektonik du plus mauvais goût, ou encore Take me or Leave me qui devient une chanson dance techno house qui fait mal aux oreilles.

Comparaison entre le cast de Rent Remixed et du cast de Broadway de Rent (de gauche à droite): Roger et Mimi, Angel et Collins, Joanne et Maureen, Mark.
Du côté du casting, c’est pareil on a du très bon et du très minable. Le minable étant pour Maureen, qui est quand même le rôle emblématique de RENT (jouée à l’origine par la Wicked Idina Menzel excusez du peu !). Dans cette production, elle est incarnée par Jessie Wallace, une comédienne en constant surjeu, boudinée dans ces résilles et vulgaire au possible. Bref, elle est complètement à côté de la plaque. Pour Roger et Benny, on a eu droit aux doublures, fadasses. Angel, qui dans l’original est un travesti black enjoué et attachant, devient un espèce de teufeur queer folasse pas génial. Mimi est joué par une ex Sugababes anorexique, qui n’a rien de sexy et dont les minauderies finissent par agacer. Dans le bon et le très bon, on cite le
rôle de Collins, superbement bien joué et chanté par Leon Lopez. Mais aussi Francesca Jackson dans le rôle de Joanne, petite blonde à la voix impressionnante, elle contrebalance la médiocrité de Maureen. C’est elle qui envoie la sauce sur le Tango Maureen, en duo avec Olivier Thorton qui joue Mark. Sûrement le plus gros changement par rapport à l’original. A New York, Mark est un rêveur au look intello, à Londres c’est le mec le plus sexy du show et il n’hésite pas à tomber la chemise.Côté mise en scène, c’est aussi mitigé. Il y a des choix que je ne comprends toujours pas. Par exemple, les trois chansons Life Support/Out Tonight/Another Day. On ne sait pas où ça se passe, Mimi débarque de nulle part au milieu de la réunion des malades du SIDA et Roger arrive aussi avec des transitions douteuses. What the Hell ? Mauvais point aussi pour le dernier instant d’Angel où la scène est envahie par des créatures sadomasochistes sur fond de techno hardcore. Du très mauvais goût. Au final, ce Rent Remixed ne casse pas des briques, on y passe un bon moment mais on n’est à aucun moment ébloui par ce qu’il se passe on stage. Pour ma part, cela ne m’a donné que plus envie d’aller à New York voir l’original !
jeudi 20 décembre 2007
musicals : Mary Poppins

Cela fait déjà deux ans que j’ai été émerveillé par le musical de Mary Poppins à Londres. Le spectacle s’y achève le 12 janvier prochain pour partir en tournée, c’était l’occasion ou jamais d’en parler sur le blog. En juin 2005, je partais dans la capitale britannique avec deux copines pour passer cinq jours de folie. Moi, fan de musical, je tenais absolument à aller voir LA nouveauté du moment, à savoir l’adaptation de Mary Poppins sur scène. Un matin, je délaisse mes amies pour me rendre au théâtre afin de voir les disponibilités. C’est ma chance, des places sont libres pour le lendemain en matinée (en fait c’est 15H une matinée), je dégaine la CB et je suis le plus impatient du monde en attendant le jour d’après. Tout excité, je parcours Londres avec dans la tête les chansons du film. Dans le théâtre, je suis assez bien placé, au balcon. Puis les lumières s’éteignent, les toits de Londres, Bert chante l’arrivée imminente de notre nounou préférée. Le décor de la maison de la famille Banks est immense et impressionne avec son étage aménagé.
Le casting est impeccable, des parents aux enfants, ils sont tous pros. Puis arrive enfin celle que l’on attendait tous, Mary Poppins, incarnée par Laura Michelle Kelly, une talentueuse comédienne qui n’a plus rien à prouver sur les planches. Elle entonne une nouvelle chanson écrite pour le spectacle, " Practically Perfect ". Un titre qui peut résumer la production. Les chansons et mélodies que l’on connaît du film subissent une réorchestration magistrale, et sont (ré)interprétées sublimement. A l’instar de "Supercalifragilisticexpialedocious", qui laisse le public bouche bée avec une chorégraphie complexe où les chanteurs miment les lettres une à une. Ou de "Step in Time", où Bert le ramoneur (joué par Gavin Lee, exceptionnel) va jusqu’à faire des claquettes à l’envers sur le plafond ! La scène de la dame, "Feed the Birds" aux pigeons est aussi émouvante que dans le film. Mais le clou du spectacle, c’est bien le final, apothéose d’émotions. Entre la nostalgie qui nous envahit, la beauté de l’ensemble qui nous éblouit, on est submergé. Puis quand Mary Poppins prend son envol, vers le public, passant au dessus de votre tête, elle vous achève. Comme diraient les mioches : " We’ll never forget you Mary Poppins ! " Si vous voulez voir la nounou, dépêchez-vous d’aller à Londres, vous avez jusqu’au 12 janvier, après, il faudra aller à New York. 
samedi 6 octobre 2007
Vidéo : Journée de lancement du Roi Lion à Mogador
PS: Quelques problèmes de son dans la vidéo, montez un peu le volume lors des interventions des comédiens.
Le Roi Lion rugit officiellement au théâtre Mogador depuis jeudi dernier, où il a reçu une standing ovation exceptionnelle de la part du public, composé en majorité de la profession et des invités VIP. Le jeudi 3 octobre, j’ai eu la chance d’être convié à la journée de lancement réservée à la presse afin de rencontrer l’équipe du spectacle, d’assister à la captation exclusive de quatre scènes du spectacle ainsi que d’avoir l’immense privilège de voir le musical le soir même, où la troupe a donné le meilleur d’elle-même. Dans un Mogador totalement rénové pour accueillir la Terre des Lions, nous avons eu la chance de rencontrer Stéphane Huard, le président de Stage Entertainment France qui nous a reçu dans le foyer principal. Dans l’après-midi, après un déjeuner dans un des sublimes foyers du théâtre où je me suis empiffré de canapés en tout genre, nous étions donc conviés à assister à quatre scènes du spectacle, que les caméras des grandes chaînes et médias français ont eu l’autorisation de filmer à volonté afin d’illustrer leurs futurs reportages.

Jérémy Fontanet (Simba) et Zama Maguludea (Rafiki) se prêtent au jeu des interviews sur la scène du Roi Lion.
Ensuite, une partie de la troupe s’est tenue à disposition pour un marathon d’interviews et a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions, le tout sur la scène et dans la salle de spectacle. J'ai dû même prêté main forte à une caméragirl de Direct8 qui était seule en lui tenant le micro, ce qui me donnait une petite crédibilité en plus mdr. Hélas, le planning de la troupe était chargé, Tim Rice et Lebo M ont décommandé au dernier moment et Thomas Schumacher n'était pas disponible, quant à Julie Taymor, elle était débordée de tous les côtés (j'ai juste eu le temps de prendre une photo volée ci-contre). J'ai donc pû interroger Zama Magugulea (Rafiki), Leah Vincent (Nala) et Olivier Breitman (Scar), qui ont été tous les trois d'une grande gentillesse. J’en profite pour les remercier encore une fois pour leur disponibilité et leur humilité. Découvrez-le tout cela en vidéo dans la vidéo ci-dessus (oui j'ai l'air un peu shooté dessus :D, le rhume qui se faisait sentir déjà!). Et parmi vous ? Vous avez prévu d' y aller et quand ? 
Kinoo se la joue journaliste pour Direct8 ! ^^
Les photos sont d'Alexandre Rosa, sauf celle de Julie Taymor. Vidéo traitée par Ellywoods.
vendredi 5 octobre 2007
musicals : Le Roi Lion - au théâtre Mogador

En 1997, lorsque le musical de The Lion King fît ses débuts à New York, un critique a décrit le spectacle avec les mots suivants : " Broadway n’a jamais rien vu de tel auparavant ! ". Et bien, je pense ne pas prendre trop de risque en transposant ses mêmes mots en remplaçant Broadway par Paris, car Le Roi Lion offre un spectacle rugissant des plus complets et qui sort assurément des sentiers battus des planches de la capitale. Le public présent à la représentation du 3 octobre ne s’y est d’ailleurs pas trompé et a réservé une standing ovation triomphale à la troupe. Ayant vu la version londonienne deux fois auparavant, j’attendais de pied ferme que Le Roi Lion débarque à Paris, mais ce n’était pas sans quelques craintes je dois l’avouer.

La confrontation Scar/Mufasa, Simba dans "Il vit en toi", Nala dans "Terres d'Ombre".
Et puis ça y est, enfin, dix ans après Broadway, Le Roi Lion arrive en France et investit le théâtre Mogador fraîchement rénové et qui est resplendissant. Quel est le verdict ? Et bien la version française tient toutes ses promesses. La mise en scène virtuose de Julie Taymor est respectée à la lettre, ainsi que les sublimes costumes, masques et marionnettes qui émerveillent sans peine les plus réticents. Les décors époustouflants (Le Rocher des Lions, la scènes des gnous) sont bien sûr au rendez-vous et on se prend à imaginer le travail colossal qu’il a fallu pour les intégrer dans le théâtre. Qu’il est bon d’écouter les percussions s’emballer en direct, les mélodies enivrantes jouées en live par l’orchestre et les chants africains résonner dans la salle. Les chorégraphies sont toujours aussi hypnotiques ( les lionnes en chasse est l’une de mes favorites). Et oui, mes poils se sont hérissés pendant " Le Cercle de la Vie ".

Jérémy Fontanet, Olivier Breitman, Leah Vincent et Jee-L.
La troupe est dans l’ensemble, de très grande qualité. La pleine d’énergie Zama Magudulea, d’origine sud-africaine, campe la chaman Rafiki et délivre une performance vocale et scénique absolument splendide, à noter qu’elle a dû apprendre la langue française en un temps record, ce qui ne fait que lui rajouter plus de mérite. Olivier Breitman interprète avec brio et second degré un Scar qu’on aime à détester et joue parfaitement avec son masque. Son rival, Mufasa est joué par Jee-L, aperçu à la Star Ac 5, et est plutôt crédible dans ce rôle paternel plein de sagesse. Leah Vincent fait ses premiers pas sur scène de façon remarquable dans le rôle de Nala, quant à Jérémy Fontannet, il faut un Simba convaincant, plus dans les chansons que dans son jeu encore perfectible. Les rôles de Zazu (délirant), Timon et Pumbaa assurent le côté humoristique avec talent. 
Alors, en bref, Le Roi Lion est un divertissement haut de gamme qui aurait pû être parfait, si il n’y avait pas quelques grosses fautes de goûts concernant l’adaptation des textes. Si l’on peut comprendre que la chanson d’ouverture a du être réécrite par rapport au film d’animation, pour y intégrer la notion de " Cercle de al Vie " chère à Julie Taymor, je suis moins enthousiaste quand aux autres chansons bien connues que le public connaît quasiment par cœur. " Je Voudrais déjà Être Roi " dans le film, devient ici " Je veux super vite être roi ", douteux non ? Si " Quand Soudain l’Amour est là " passe plutôt bien en remplacement de " L’Amour Brille sous les Etoiles ", les nouvelles paroles de " Hakuna Matata " sont bien moins entraînantes. Heureusement, les autres chansons du spectacle sont mieux traduites, notamment la complainte de Nala, " Terres d’Ombre ". On regrettera aussi une certaine familiarité pas forcément dans le ton de l’histoire, dans les dialogues. Mais, en laissant de côté ces quelques points négatifs mineurs, Le Roi Lion reste un spectacle rugissant et haut en couleurs, de très grande qualité qui éblouira le public, de 7 à 77 ans. N'hésitez pas, le Roi Lion vous fera frémir, frissoner ou encore rester bouche bée devant tant de splendeur. A ne pas manquer. photos par Alexandre Rosa






































