08.04.08
cinéma : Les Seigneurs de la Mer

Parce qu’il souffre de la réputation de mangeur d’hommes sanguinaire qui lui colle à la peau rugueuse, le requin disparaît dans l’indifférence la plus totale. Chaque jour victime de la pêche sauvage des asiatiques qui ne prélèvent sur l’animal que l’aileron (un met de choix au pays du soleil levant) avant de le relâcher mutilé dans l’océan, les squales sont aujourd’hui menacés d’extinction. Alors que les éléphants ou les crocodiles pourtant plus meurtriers jouissent d’une protection régulée, le requin se coltinent l’image négative que lui a collé Spielberg et ses Dents de la Mer, et dépérit en silence. Rob Stewart, jeune océanographe de 27 ans a consacré sa vie à ses créatures et compte bien changé les choses, à commencer par l’image des requins. Dans les Seigneurs de la Mer, le jeune homme démontre à coups de statistiques étonnantes (un distributeur de sodas tuent plus en une année que les requins !) et d’images sous-marines magnifiques, que ces gros poissons ne sont pas si méchants que ça. La preuve, Stewart nage avec les requins comme d’autres avec les dauphins depuis des années, et est toujours vivant. 
Dans le second acte de sa démonstration, il met en évidence le scandale du trafic des ailerons de requins, qui vident les océans et enrichit les mafias insensibles au désastre écologique qu’entraînerait la disparition des requins, essentiels à l’équilibre naturel des choses. Un petit côté Michael Moore un peu m’as-tu-vu qui dénote un peu du reste du documentaire. Une approche plus subtile aurait été peut-être plus appropriée. Mais on lui pardonne tant cela traduit sa passion et son engagement pour cette cause encore trop méconnue du public. Un film qui va peut-être créer des vocations et on l’espère, changer enfin l’image que se coltinent ces animaux qui méritent pourtant autant le respect et le droit de vivre que les autres créatures qui peuplent notre planète. A voir absolument !
03.04.08
avant-première: Maxi Papa - The Game Plan

Après Vin Diesel dans Baby-sittor, Disney s’empare d’un autre vrai dur pour en faire une star de la comédie bon enfant. Dans Maxi Papa, l’ex-catcheur, Dwayne « The Rock » Johnson, se met dans la peau d’une superstar de football américain égocentrique pour qui tout réussit. Jusqu’au jour où le passé frappe à sa porte sous les traits d’une petite fille dont il ignorait l’existence.
Comme dans toutes comédies gentillettes estampillées Disney, l’enfant lui en fera voir de toutes les couleurs mais donnera aussi un vrai sens à sa vie. La réalisation des plus classiques accumule les séquences au fort goût de déjà-vu. Pas très inspirée, la mise en scène se contente du strict minimum pour souligner l’improbable potentiel comique de Dwayne « The Rock » Johnson.
Ce dernier s’en tire plutôt pas mal dans le registre et le contraste de sa musculature impressionnante avec sa frêle partenaire rappelle le Schwartzy du temps d’Un Flic A La Maternelle. Il n’est pas avare en grimaces et prend visiblement du plaisir à donner la réplique à sa jeune partenaire.

Même si le tout reste très supportable pour les adultes, le film aurait gagné à ne pas faire de troisième mi-temps (il s’étire sur 1h50 tout de même). Les plus jeunes seront séduits par les gags faciles et efficaces quand les plus grands s’amuseront des clins d’œil au sport et à Elvis. C’est calibré, c’est gentillet, mais après tout, c’est ce qu’on demande d’une comédie signée Disney non ? Maxi Papa remplit tous les critères pour être un divertissement honnête de vacances de Pâques. Dans les salles le 9 avril 2008. 

31.03.08
avant-première : Horton

Quand les créateurs de la saga givrée de l’Âge de Glace s’attaquent à la littérature américaine, cela donne Horton. Adapté d’une nouvelle pour enfants du Dr Seuss, un auteur mythique aux Etats-Unis au même titre que Jean de La Fontaine chez nous, ce long-métrage d’animation nous entraîne dans les aventures d’un héros aux dimensions épiques qui se la joue Jeanne d’Arc. En effet, dans la jungle bigarrée de Nool, notre éléphant entend des voix semblant émanées d’un grain de poussière. Convaincu qu’une véritable communauté y vit, il se met en quête de trouver un coin sûr pour protéger cette ville microscopique, en dépit des recommandations de la hautaine Madame Kangourou et de son sbire, Vlad le vautour. Graphiquement somptueux, la nouvelle création des studios BlueSky est une franche réussite. Fort d’une animation de grande qualité, qui dépasse sans peine celle de Shrek et qui arrive à se comparer aux sommets de Pixar, Horton est un régal pour les yeux. 
Les décors colorés et riches en détails, sont un cadre parfait pour les aventures résolument cartoons de notre éléphant, doublé en VO par Jim Carrey en grande forme qui retrouve, après le Grinch, un personnage du Dr Seuss. Steve Carell quant à lui, donne vie au Maire de Zouville, en lui prêtant sa voix très animée.Les animateurs s’en sont donné à cœur joie et leurs délires sont hilarants, à l’image d’une séquence totalement barrée rendant hommage aux codes du manga. On retient aussi des scènes exquises, qui muscleront vos zygomatiques sans pour autant en faire des tonnes, à l’instar de la traversée dantesque du pont aux conséquences directes sur le Maire de Zouville en visite chez le dentiste. Des situations cocasses et des gags efficaces que n’aurait pas renié Chuck Jones ou Tex Avery.Horton offre un divertissement haut de gamme et haut en couleurs. Il confirme la place de choix qu’occupe les studios Blue Sky dans l’industrie de l’animation. On attend désormais avec une plus grande impatience, l’Âge de Glace 3 prévu pour 2009. Dans les salles le 2 avril 2008. 
24.03.08
avant-première : 3h10 Pour Yuma

Après le Darjeeling Limited, le cinéma nous invite à nouveau à prendre le train avec 3h10 pour Yuma, et ce en la compagnie de Russel Crowe et Christian Bale, rien que ça! Le western revient sous toutes ses coutures ces derniers temps. Ce ne sont pas Brad Pitt et son Jesse James, les Frères Coen et leur Vieil Homme ou Daniel Day Lewis et ses derricks pétroliers qui diront le contraire. James Mangold, qui avait dressé le portrait noir d’un chanteur de country culte dans Walk the Line, a aussi voulu jouer aux cow-boys et aux indiens avec 3h10 pour Yuma. Pour se faire, le cinéaste a réuni le casting le plus viril de l’année dans un western très agité.
Fermier accablé de dettes, Christian Bale se porte volontaire pour escorter un dangereux bandit interprété par Russel Crowe, jusqu’à la ville de Contention, pour y prendre le train qui l’emmènera à la prison de Yuma. Durant les trois jours de voyage, les deux hommes se livreront à un bras de fer psychologique et physique duquel ils ne sortiront pas indemnes. Les deux acteurs sont au sommet de leur charisme. Qui aurait cru qu’un acteur britannique et un australien pourraient jouer aussi bien des figures aussi emblématiques de l’Amérique ? Et pourtant Bale, torturé par les blessures du passé et son image auprès de son fils, et Crowe, naturellement à l’aise en bad guy à l’aura séduisante, se font face magistralement et le taux de testostérone explose. Ben Foster, révélé dans le dernier X-Men, incarne ici brillamment le bras droit de Russel Crowe, pourtant loin de l’image typique du cow-boy. Habitué des westerns, Peter Fonda fait ici une apparition remarquée, mais bien trop courte.
James Mangold derrière la caméra semble jubiler de tourner ce western comme un thriller d’action surexcité. Les scènes mythiques d’attaques de diligences sont filmés comme des courses-poursuites haletantes qui n’auraient rien à envier à Michael Bay. Rien de plus jouissif que de voir des cow-boys se tirer dessus au milieu d’une rue poussiéreuse. Et dans ce sens, le final du film tient toutes ses promesses. On regrettera le fait que certains seconds rôles soient survolés, à l’image de la femme de Bale, ou que les motivations de certains soient très floues.
Remake d’un classique du genre, 3H10 pour Yuma garde les qualités de l’oeuvre originale tout en insufflant une bonne dose d’adrénaline percutante. Une aventure dans laquelle on embarque sans rechigner et dont on sort avec une l’irrémédiable envie de reprendre un ticket pour un nouvel aller-retour. Dans les salles le 26 mars 2008
cinéma : L'Orphelinat

Ça y est ! J’ai enfin vu l’Orphelinat, le phénomène cinématographique de l’année en Espagne. Il m’a fallu le temps pour aller le découvrir en salles car je ne voulais pas aller voir ce film seul. Malgré les avis positifs qui m’ont été rapportés, j’ai surtout retenu les avertissements envers le potentiel effrayant de l’œuvre (n’est-ce pas Brice ?). Comme le hasard fait bien les choses, Poka, fraîchement UGCisée, avait aussi envie de le voir. Deux ou trois SMS après, nous voilà plongés dans le noir pour découvrir la dernière production de Guillermo Del Toro. Si ce dernier n’en est que producteur, il est indéniable qu’il partage avec le réalisateur Juan Antonio Bayona, un goût prononcé pour le mélange du cinéma horrifique et de poésie comme il l’avait illustré sur le Labyrinthe de Pan. Dans l’Orphelinat, Laura revient vivre avec sa famille dans l’établissement où elle a grandi, dans lequel elle projette d’inaugurer un centre pour jeunes handicapés. Son fils Simon ne tarde pas à entrer en contact avec des amis imaginaires avant de disparaître mystérieusement… 
De ce synopsis, le cinéaste espagnol nous entraîne de main de maître dans une intrigue ficelée et éprouvante pour les nerfs. Les tourments de l’héroïne, magistralement portée par Belén Rueda, face à la disparition de son fils et aux phénomènes surnaturels sont propices à des scènes d’effroi particulièrement efficaces. Mais point de surenchères de gore débile à la Saw ici, Bayona mise plutôt sur la subtilité soulignée par un montage intelligent dont la scène de la médium est une parfaite illustration. Le scénario nous tient en haleine en abordant des thèmes pertinents et murs, malgré quelques longueurs vers le milieu du film, jusqu’à un dernier acte survolté où culmine un final tout bonnement magnifique. Un concentré de poésie qui contraste avec le glauque et le sordide de ce qui se passe dix minutes avant. Dommage qu’un épilogue inutile avec le mari vienne alourdir ce climax idéal. Pour une première réalisation, Bayona signe une œuvre incontournable que l’on ne devrait pas limiter au genre horrifique. 
21.03.08
cinéma : A Bord du Darjeeling Limited

Ce Darjeeling Limited était l’unes de mes plus grosses attentes de cette année. Il faut dire que Wes Anderson, je suis tout simplement fan. J’ai découvert l’univers décalé de ce cinéaste à travers l’excellent «La Famille Tenenbaum » et replongé avec « La Vie Aquatique ». Son dernier film est à la hauteur de ses précedentes réalisations, la Wes Anderson’s touch est bien présente dans ce voyage initiatique haut en couleurs. Trois frères qui ne s’étaient plus parlé depuis la mort de leur père un an auparavant, se rendent en Inde pour un voyage spirituel à bord du Darjeeling Limited afin de se retrouver. Abordant des thèmes qui lui sont chers, comme la famille, Anderson permet au film de prendre son temps afin de s’attarder sur les personnages et les relations qu’ils entretiennent entres aux. Un aspect absolument nécessaire pour retranscrire la fraternité qui lie les trois héros. 
D’ailleurs l’alchimie est parfaite. Adrian Brody, nouveau venu dans l’univers du cinéaste, trouve naturellement sa place parmi l’impeccable Jason Schwartzman et l’irréprochable Owen Wilson. Le voyage se déroule à merveille, oscillant entre l’humour et la mélancolie latente. Quelques personnages secondaires sont un peu survolés (l'indienne du train) et le dernier acte a un peu tendance à s'éterniser, mais c'est vraiment pour chipoter. C’est admirablement bien écrit, les répliques et les running gags font mouche à chaque fois. A noter aussi que le film est (en temps normal) précédé du court-métrage Hôtel Chevalier mettant en scène le personnage de Jason Schwartzman et Natalie Portman (nue ! ! !), absolument indispensable. Bref, ceux qui aiment le cinéma d’Anderson prendront ce train.
20.03.08
avant-première : Crimes à Oxford

Entre les succès d’Alfonso Cuaron (Les Fils De L'Homme, Harry Potter Et Le Prisonnier D'Azkaban), Guillermo del Toro (Le Labyrinthe De Pan, Hellboy) ou d’Alejandro Gonzalez Inarritu (Babel), les réalisateurs hispaniques sont résolument en vogue à Hollywood. Remarqué par Almodovar, Alex De La Iglesia veut sa part du gâteau et s’essaie à son premier long-métrage dans la langue de Shakespeare. Avec en tête d’affiche le perçant Elijah Wood et John Hurt, et un synopsis digne des plus palpitantes enquêtes d’Hercule Poirot, Crimes à Oxford laisse pourtant une impression mitigée.
Wood incarne un jeune étudiant américain en algèbre, sûr de lui et de sa perception de la réalité, débarquant à Oxford pour y rédiger sa thèse avec l’aide, il l’espère d’un éminent professeur joué par Hurt. Pas de chance, il retrouve la vieille dame qui l’hébergeait assassinée. Commence alors une enquête qui révèlera au jeune homme que les choses, contrairement aux mathématiques, ne sont pas toujours ce qu’elle paraissent.

Le synopsis à la Agatha Christie, le cadre gothique d’Oxford, le casting alléchant, il y avait le potentiel pour en faire un grand thriller épique. Pourtant, l’intrigue ne décolle jamais vraiment et la réalisation reste très (trop) classique. Les comédiens sont par ailleurs convaincants, Elijah Wood en tête qui parvient à nous faire oublier Frodon et son Anneau. John Hurt frise le surjeu mais finit par habiter son personnage et l’alchimie entre les deux générations est réussie. Seulement, il y a le scénario qui au fur et à mesure qu’il progresse devient aussi tiré par les cheveux que les yeux d’Elijah sont bleus. Nourri d’interminables dialogues et de réflexions sur les chiffres qui déconcertent plus qu’ils n’interpellent, le film se termine par un twist final pas vraiment formidable. Un vague « Tout ça pour ça » nous traverse l’esprit alors que le générique défile sur l’écran.
Un bilan mitigé pour ce premier essai hollywoodien du cinéaste espagnol, qui trouve son salut dans l’interprétation enthousiasmante de ces acteurs. Dans les salles le 26 mars 2008
17.03.08
avant-première : Angles d'Attaques

Après Cloverfield et Redacted, Hollywood se prend toujours plus au jeu des images et des médias. Avec Angles d'Attaques, le réalisateur Pete Travis joue avec les points de vue en décortiquant les minutes précédant, pendant et après un terrible attentat visant le président des Etats-Unis dans la ville de Salamanque en Espagne, pendant un sommet international crucial dans la lutte contre le terrorisme. Ainsi, huit inconnus, avec chacun leur propre angle de vision de l’évènement, vont voir leurs destins s’entremêler pour réunir toutes les pièces du puzzle.
Le film s’avère être un thriller haletant et très efficace. Mais le concept du retour dans le temps continuel, au cœur du long-métrage, peut s’avérer très vite exaspérant.

Voir l’action remonter le temps à un moment précis est un exercice frustrant et très répétitif et coupe le rythme effréné de la chose. La mise en scène nerveuse utilise le maximum de méthodes de filmer pour accentuer les différents angles de vues des personnages (caméra à l’épaule façon Jason Bourne, régie de télévision etc…).
Le casting est convaincant, dominé par le charismatique Dennis Quaid. Il est secondé par un Matthew Fox en forme et un Forest Whitaker inspiré. On évite cependant pas quelques clichés typiques du genre : le terroriste utilise un téléphone portable qui fait absolument tout sauf la lessive et le Président américain est un bad ass qui sait se défendre.
Au final, Angles d’Attaques offre un spectacle bien ficelé mais l’on a la sensation bizarre de se retrouver devant un épisode de 24 Heures Chrono sur grand écran, à qui il emprunte beaucoup de codes. Dans les salles le 19 mars.

14.03.08
cinéma: 10 000

Le pourquoi du comment le suffixe « av. J.C » n’a pas été gardé dans le titre français demeure un mystère. Alors qu’en VO, le film arbore le titre « 10 000 BC (Before Christus) », les distributeurs français ont préféré ne garder que le chiffre. 10 000 quoi ? 10 000 mammouths ? 10 000 heures ? C’était peut-être pour surfer sur le succès de 300… Vous me direz que c’est un sujet bien futile, mais le fait est qu’il n’y a vraiment pas grand chose à dire sur le contenu du film. Je n’ai tout simplement rien vu d’aussi stupide au cinéma depuis le début de l’année 2008 (après JC). Historiquement hérétique, le nouveau film de Roland Emmerich (Independance Day) se présente comme une aventure préhistorique où un jeune chasseur part à la rescousse de la femme qu’il aime, enlevée par des seigneurs de guerre. Tout d’abord, soulignons les dreadlocks parfaitement filés du héros, sa barbe taillée au millimètre près et ses pectoraux bien épilés. D’emblée, la crédibilité en prend un coup. 
Le jeu d’acteur est convenu, pas convaincant pour un sou. Il reste la beauté de Camilla Belle, plus connue pour prendre un café avec Georges Clooney dans la pub Nescafé. Mais à part sa plastique, on a envie de dire … what else ? En même temps, on sent une direction d’acteurs totalement inexistante, le cinéaste préférant se concentrer sur ses effets visuels et ses scènes d'action (qui restent efficaces pour quelques unes d'entres elles). Il faut dire que les mammouths, tigres aux dents de sabre (qu’on ne voit que deux misérables minutes alors qu’il est sur toutes les affiches) et autres créatures préhistoriques sont plutôt bien reconstitués, mais les effets visuels en général sont ratés (les incrustations sur fonds verts sont dégueulasses !). Tous les clichés du genre sont réunis, l’intrigue est cousue de fils blancs et est ultra prévisibles (le môme qui vengera sa mère etc…). Le film frôle le plagiat dans sa trame en s’inspirant allègrement de l’Apocalypto de Mel Gibson, 10 000 fois plus réussi et efficace que ce film creux et sidérant. 
13.03.08
Rencontre: Dwayne Johnson - Face au Rock
Londres, 3 mars, midi. Sous un ciel bleu et sans nuage, je me dirige vers le Mandarin Oriental Hotel, un sublime palace dans lequel se tenait le press junket du film « Maxi Papa » (the Game Plan en VO, un titre autrement plus classe !), dans lequel joue Dwayne Johnson alias The Rock. Ancien catcheur star de la WWF, le colosse s’est vite reconverti à Hollywood en figurant au casting du « Retour de la Momie », dans lequel il jouait le Roi Scorpion. Depuis, il s’est essayé à la comédie dans des films comme « Be Cool » avec Travolta, et dans l’action dans « Doom » ou « Redemption ». Une masse musculaire impressionnante que je devais ce jour là interviewer.
Il faut dire que j’appréhendais quelque peu la rencontre, malgré le fait que ma collègue m’ait auparavant rassuré en me disant que c’était un mec trop adorable. Okay, mais quand on est une fille, c’est autrement plus facile d’apprivoiser les colosses. Moi, j’avais peur de poser la question qu’il ne faut pas et qu’il me mette une baigne. Dans la salle d’attente réservée à la presse, j’essaie de trouver pour quel média travaillent les journalistes présents, en espérant tomber sur l’uns des rédacteurs de ma presse favorite : EMPIRE.
Avant de rencontrer l’acteur, j’allais d’abord interviewer Madison Pettis, la toute jeune actrice qui partage l’affiche du film avec lui. Et ce fût une interview des plus surprenantes ! Du haut de ses 10 ans, la petite répondait aux questions comme une pro, avec un discours taillé au millimètre près, lâchant un rire bruyant toutes les minutes, jetant un regard sur sa mère qui veillait derrière moi. Bref, une starlette Disney bien formatée. Perturbant en fait. 
Dwayne "The Rock" Johnson dans: Le Roi Scorpion, Be Cool, Doom et Maxi Papa. Que des chefs-d'oeuvres (non je ne lui dirais pas en face! ^^ )
Ensuite, le temps d’avaler une tasse de thé, et mon tour face à Mr Dwayne Johnson était déjà arrivé. Je redoutais déjà sa poignée de main destructrice. Une fois le pas de la porte menant à sa suite passé, mes craintes étaient envolées. Sur sa chaise, qui paraît minuscule sous sa carrure, le comédien m’accueille avec le sourire Colgate éclatant, son tatouage gravé sur ses pectoraux saillants dépassant allègrement de sa chemise, et me dit « bonjour » quand il apprend que je viens de Paris. Pas prises de tête, il répond avec enthousiasme à mes questions et je parviens même, non sans mal et ruse, à le faire chanter quelques notes (dans le film il est fan d’Elvis).
Les quatre minutes (et pas une de plus) sont passées trop rapidement. Avant de partir, je lui demande si je peux prendre une photo, il me dit qu’il va faire mieux et qu’il va lui-même se prendre en photo avec mon appareil. Oui mesdames et mesdemoiselles, The Rock a pris mon appareil photo, le mien à moi, dans ses énormes mains, et l’engin est en parfait état..ouf ! Je le quitte tout heureux d’avoir réalisé une bonne interview avec de bons moments à regarder en perspective.




































